Interview de Denis Verchere :

Age : 25 ans
Domicile : Grenoble
Sport : Voltige parapente et Base Jump

Je suis Professionnel du parapente car je vis de cette activité et j'ai repris également les études car je suis en licence STAPS. Les sports Air, je suis tombé dedans quand j'étais petit, depuis tout minot je rêvais de voler. J'ai commencé à toucher une voile de parapente à 13 ans.
J'ai des milliers d'heures de vol, j'ai des centaines de sauts en base jump, et à chaque saut je m'éclate, j'hallucine, je n'arrive pas à réaliser que je vole et je ne cherche même plus à réaliser car c'est comme ça. C'est la magie, c'est déplier un bout de chiffon, des bouts de ficelles, c'est très imagé mais c'est ça. On se retrouve avec un parapente ou c'est ballade pendant 10 minutes, ¼ d'heures, 2 heures, 4 heures…
Je vole ou je saute tous les jours de météo volable. Quand ça ne vole pas, je bosse dans des projets de vol.

La Sierra de Guarra, est-ce un bon spot de Base ?
On a trouvé un super spot : Riglos, c'est du caviar. Une heure de marche d'approche tranquille, on arrive au bord du spot, une roche super belle un peu ocre, un panorama exceptionnel et 280 m de gaz, ce qui constitue une bonne falaise en base.

Actuellement vous êtes un peu en souci de condition, car vous n'avez pas encore pu sauter ?

En effet notre souci ces derniers jours est le vent, dû aux ascendances thermiques. Le base jump ce n'est pas une activité aléatoire, c'est du 100% et dans la mesure ou l'on a un doute et que la force du vent est un facteur dangereux, on ne saute pas. Donc tant que le vent persistera on ne pourra pas sauter. Il n'y a pas de place pour le hasard.

Et actuellement tu vis ça comment, tu es sous anti-dépresseur ?

(Rires) Je suis sous anti-dépresseur en cure de désintoxication, parce que à force de boire de la sangria je deviens alcoolique.. Non non, c'est dur c'est dur, parce que l'on est pas là pour chômer, c'est hyper frustrant d'avoir un super spot et de ne pas pouvoir en profiter. Les autres s'amusent, ils font du VTT et du Kayak parce que la pluie ou le vent ils s'en fichent un petit peu. Nous, non !

Expliques moi l'ambiance sur le Salomon advanced week. Tu as rencontré des riders d'autres activités, ça se passe comment ?

Je ne connaissais aucun des autres riders et je suis très content qu'on se retrouve sur un même spot. Ca permet de connaître la discipline et les personnages en temps quel tel avec leurs mentalités leurs qualités, leurs défauts tous ce qui fait que se sont de vrais riders au sens propre du terme. Ca m'apporte aussi pleins de choses car ça me permet d'aller puiser quelques éléments que je peux apporter à ma discipline.

Question subsidiaire : Donne-nous des raisons valables pour contrecarrer la réputation de fou dingue voire " suicidaire " des base jumpers

On est pas suicidaire, on connaît même bien le coût de la vie car pour ne pas se tuer on ne chercherais pas à connaître l'aérologie, si ça pleuvait ou s'il y avait du vent on sauterais quand même.
C'est vraiment du 100 %. Y'a pas un moment ou l'on laisse la place au hasard parce que l'on sait que ça peut être fatal, et la fatalité on n'en veut pas. Ce que l'on veut c'est sauter le plus possible, découvrir des nouveaux spots, on veut vraiment évoluer.
Quand on maîtrise son activité c'est pas une question de suicide mais une question de plaisir. Le base jump, c'est un partage d'un moment fort entre copains, et avec la nature, son corps et ses sensations.

Dans la préparation de nos voiles on passe aussi 45 minutes à 1 heures 30 et ça épuise car ça demande une extrême concentration. Au bord du spot on a pas le droit d'avoir un petit doute sur le pliage de sa voile, c'est aussi du 100%.